La liste d’écoute « forme » de DJ Edmée

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Mes petits asticots,

« Il fait grand beau et il serait temps de vous bouger un peu ! », c’est ce que disait sous la douche, en se frottant les fesses, Véronique à Davina il n’y a encore pas si longtemps.
En effet, c’est le bon moment pour secouer votre arrière-train si vous ne voulez pas finir avec le popotin monstrueux de Pierrette (elle fait du 42).
Je ne fais pas de diffamation, je constate.
C’est primordial que vous puissiez toutes rentrer dans votre maillot Natalia Anorexica pour Etam – vous avez vu, je suis au courant des tendances – cet été à Palavas. Ou mieux, à La grande Motte.
Il  s’agirait de ne pas se laisser aller. Sinon il  ne faudra pas vous plaindre quand votre bonhomme vous plaquera pour une jeunette de 55 ans !!!
Aussi, je vous propose ci-dessous quelques bons morceaux pour vous accompagner lors de votre gymnastique dominicale.

A bientôt, mes abricots !

Pour les saltos avant

Pour les petites foulées

Pour les abdo-fessiers

Pour les biceps

Pour les étirements

 

 

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Lettre à M@demoiselle

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Bonjour M@demoiselle,

M@demoiselle, il faut qu’on parle.
J’atteindrai un âge canonique dans quelques jours.
Philippine, jamais avare de (plus ou moins) bons conseils, m’a suggéré de lire les « blogs de mamans » comme on dit et y trouver des activités Montessori que je pourrais appliquer pour Simon.
J’atteindrai un âge canonique dont la coquetterie me force à taire le nombre de bougies sur l’exquis gâteau qu’aura préparé Hortense pour moi et en matière d’éducation j’en ai vu de belles. Je veux dire, M@demoiselle, j’ai vu des tas de modes, des tas de décennies, des tas de parents. Il y en a qui allaient écouter Edith Piaf à l’Olympia habillés tout de gris foncé, il y en a qui portaient les cheveux longs avec des foulards dedans, il y en a qui partaient travailler le matin en costard-cravate rose ou en tailleur saumon pur nylon… Certains n’avaient pas choisi d’être parents, d’autres laissaient faire la nature, d’autres encore avaient pu contrôler les naissances. Certains étaient soucieux de leur progéniture, même s’ils ne la voulaient pas ; d’autres pensaient qu’elle s’élèverait avec de l’amour, de l’eau fraîche et quelques joints ; d’autres encore la voyaient parfois comme une charge financière et une charge pour leur promotion sociale.
Mais écoute, M@demoiselle, aucun ne se prenait la tête comme toi pour des broutilles et ne se regardait autant le nombril en se demandant s’il était un bon parent car il couchait son fils au plus tard à 20h30 et avait dit à sa fille, un jour de grande colère, qu’elle sentait la sardine. Aucun ne s’autoflagellait ou ne s’autocongratulait en permanence sur son rôle parental.
Tu cherches à éduquer qui, toi ? Ton enfant ou toi-même ?
Alors, on est bien d’accord, M@demoiselle, tous ces petits rituels et ces petits détails tangibles pour toi, et dont tu n’auras que faire dans dix ans, te permettent surtout aujourd’hui de te rassurer. Parce que dans le fond tu es une bonne maman, une maman aimante comme 99% des mamans (Pierrette ma bru et Mélanie ma petite-fille exceptées), je n’en doute pas, et toi non plus tu ne devrais pas en douter.
Alors, on est bien d’accord, M@demoiselle, arrête de lire les forums, les blogs d’autres mamans où chacune montre comme son utérus est le plus beau, arrête de te mettre inutilement une pression d’enfer (et par extension possible à tes enfants aussi), garde tout ce sérieux pour les véritables épreuves ; va faire un tour dehors avec tes petits, rigole, joue avec eux seulement si tu en as envie, là où il n’y aura pas d’autres mamans pour parler de leurs recettes de petits pots bio et de débats sur l’intérêt pédagogique ou non des tablettes pour les moins de seize ans. Et laisse tes enfants t’apprendre à être une maman, la leur. Ca te fera sûrement du bien. Et peut-être à eux aussi.

Bien le bonsoir, M@demoiselle.

Edmée

Formica à gogos

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Quand mon brave Philémon est décédé, il a laissé un grand vide. C’est pas trop qu’il me manquait, c’est surtout que j’en ai profité pour bazarder tous les meubles. Je m’apprêtais à faire livrer toutes ces horreurs à la déchetterie la plus proche, quand Philippine, ma petite-fille chérie (et préférée, je dois bien l’avouer), m’a appris que tout ce fatras valait une petite fortune chez les gogos de sa génération.

Tout ce formica, tous ces meubles en faux bois collés aux substances cancérigènes, ces coussins orange, ces plaids marron, toute cette vaisselle en arcopal à fleurs que je ne pouvais plus voir en peinture, mais que Philémon, un peu pince, refusait que je remplace par de la porcelaine suédoise de qualité (il ne me restait plus alors qu’à en briser régulièrement, mais tout de même, je ne serais jamais arrivée au bout de notre service de mariage sans éveiller ses soupçons), tout cela avait donc une valeur ?

Philippine, comme toujours, a eu une idée de génie. Par un bel après-midi ensoleillé, nous avons vidé entièrement la remise du jardin, et disposé tous mes meubles dedans. J’ai cousu quelques fanions dans les vieux pyjamas de Philémon pour décorer un peu cette boutique éphémère, et nous avons convié tous ses amis et ses followers à une extraordinaire (surtout pour les prix, hi hi hi) vente exclusive de mobilier et vaisselle vintage.

Tandis que tout ce beau monde bobo se pressait (et piétinait mes bulbes de jacinthes) Philippine me faisait de gros clins d’œil de derrière la boîte à biscuits bretons qui nous servait de caisse. Je n’en revenais pas de ce que ces idiots pouvaient payer pour de vieux rossignols que j’avais toujours trouvés moches et sans goût, mais que voulez-vous, à notre époque, H&M ne faisait pas de collection Home et Ikea attendait en les arrosant régulièrement de colle (pour gagner du temps) que ses pins poussent pour les débiter en meubles au nom imprononçable sans avoir quelques grammes d’Aquavit dans le sang.

Le clou de la collection fut sans conteste le mobilier de la chambre des enfants, une blogueuse parisienne spécialisée dans le recyclage de mobilier vintage pour enfants fit un croche-pattes ma foi fort habile à une congénère pour chiner les chaises d’écolier dépareillées que nous avions récupérées lors de la fermeture de l’école de Benjamin, mon aîné.

A la fin de la journée, la remise était vide (même les fanions en vieux bouts de pyjamas avaient trouvé acquéreur ! J’en pleure encore de rire. S’ils savaient que Philémon pétait au lit !) et nous nous offrîmes un petit remontant. Un doigt (le majeur, dans le sens de la longueur) de porto pour moi, un mojito pour Philippine. Quand nous eûmes fini de compter la recette de la journée, il y avait assez pour nous envoyer toutes les deux illico presto à l’Ile Maurice.

L’idée saugrenue de Philippine

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Philippine nous a à nouveau conseillées. A croire que c’est son blog !

« Tiens, vous devriez profiter de votre renommée virtuelle pour écrire un livre, toutes les deux ! », qu’elle a dit. « Toi mamie, tu aimes Barbara Cartland et France loisirs, tu n’as qu’à écrire un roman sur la télé à la sauce américaine. Et toi, Edmée, avec Simon, tu as toute la légitimité nécessaire pour t’associer au vétérinaire de Villers-sur-Mer pour faire un ouvrage sur les animaux domestiques. »

« Mais avant, souvenez-vous que vous devez développer votre visibilité sur les réseaux sociaux. On n’édite que ceux qui ont déjà des clients, des lecteurs je veux dire, potentiels. Pensez que votre futur éditeur, au fait ce ne sera ni Gallimard ni Dunod encore moins PUF, c’est comme une banque qui ne prête qu’aux riches. Il ne va pas chercher plus loin. Son crédo, c’est la rentabilité, la rentabilité et encore la rentabilité.

Ensuite il faudra que vous assuriez votre promotion. C’est pas votre éditeur qui va s’en charger… N’oubliez pas qu’il vous aura choisies parce que vous aviez une cible toute dévouée et un filon à exploiter. Faudra gérer.
Donc, par exemple, vous inonderez les autres blogs, trouvez-vous des copines plutôt cotées, oui Edmée même Dédé1938, de vos bouquins pour qu’en soient faites des critiques positives. Vous retweeterez tous les tweets où on vous fera de la pub. Vous demanderez à vos lectrices de photographier votre livre dans les grandes surfaces et d’en poster les clichés sur leur Amstramgram. Au fait, vous n’avez toujours pas créé de compte, j’ai vu… Vous attendez quoi ?! »

On commençait à se faire à moitié engueuler pour un machin à la pic et pic et colégram ! A nos âges ! J’aime bien Philippine mais franchement, là, j’ai trouvé qu’elle exagérait ! Alors je suis partie, Simon sous le bras, et je suis allée à l’improviste chez Charlotte pour lui lire une vieille histoire d’ours à la couverture en cuir et au papier jauni, que j’avais trouvée chez un antiquaire à Deauville pendant mon séjour chez Pierrette.

Ma routine beauté

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J’ai toujours été coquette. J’ai toujours aimé sentir la rose et la violette, tandis que mes contemporaines sentent le plus souvent la soupe aux poireaux dès sept heures du matin. Je ne parle évidemment pas de celles qui sentent la pisse, les pauvres, nous avons enfanté avant l’invention de la rééducation périnéale à base de pont-levis et de châteaux-forts.

Dès le matin, je prends un citron pressé dans de l’eau chaude, comme les stars hollywoodiennes (je n’ai jamais aimé le Ricoré). Ensuite, après quelques étirements et, les jours où je me sens en forme, une salutation au soleil, je file sous la douche. Je n’y faisais pas trop attention plus jeune, mais depuis que j’ai vu les fesses d’Andrée, je n’omets jamais un bon gommage de cette zone sensible, avant un bon crémage. Je n’ai encore rien trouvé de meilleur que ma fidèle crème à trayons. J’en mets partout, en insistant sur les rugosités des pieds, desgenoux et des coudes,  je me sens tellement hydratée ensuite que j’ai souvent envie de meugler de bonheur.

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On m’a souvent demandé d’où venait la jeunesse de mon visage. Mon secret: rire beaucoup, surtout des autres évidemment, il ne faut jamais garder d’aigreur sur l’estomac,  un petit Porto à l’apéritif, un peu d’exercice physique,  et ma crème fétiche chaque matin:

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Pour mes cheveux, j’alterne mes deux shampoings chouchous, entre mes rendez-vous mensuels avec Figaro, mon coiffeur-confident (et confidentiel), qui vient faire ma mise en plis à domicile tout en sirotant un roiboos.

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Un shampoing pour donner un éclat argenté à mes cheveux blancs soyeux, et celui-ci, que j’ai conseillé à ma bonne Edmée, qui commence à laisser autant de poils sur mon canapé en velours que Simon quand ils viennent prendre le thé (chut, que ceci reste entre nous).

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Bien sûr, une fois par mois, je vais faire une « beauté des pieds » chez la pédicure et une « beauté des mains » chez la manucure. Il y a bien longtemps que je n’ai vu l’esthéticienne pour une épilation, à mon âge, la dernière repousse date d’il y a dix ans, et j’ai la chance de n’avoir pas trop attrapé de moustache comme Dédé1938, eh oui, on ne peut pas rafler tous les articles sponsorisés sans avoir quelques inconvénients et effets secondaires à tester toutes les saletés de produits vendues dans les Beauté Box!

Rendez-vous dans un autre billet pour vous parler maquillage!

 

 

Liens non affiliés, mais on ne désespère pas.

 

La médaille de Simon

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Ma bonne Hortense m’avait convaincue.
Je fis passer le concours de tests de QI à Simon. Simon c’est mon chien. Pour ceux qui auraient l’audace de l’avoir oublié.
Un caniche.
C’est forcément très très intelligent. Ca aboie face aux emmerdeurs. Donc tout le temps. Ca accepte de porter un manteau l’hiver. Pas comme mes petits-enfants quand ils avaient entre deux et cinq ans. Ca vient me lécher dans les mains. Sans rien attendre en retour.

Avant de me rendre à l’Institut pour Animaux Très Spéciaux, j’emmenai Simon chez la toiletteuse pour une belle coupe « lion continental » dans le but d’impressionner les autres zèbres présents.
Arrivés, Cathy voulut l’amadouer avec un morceau de sucre. Avec effroi je m’écriai « Surtout pas de sucre raffiné, ça bousille les neurones ! Vous ne connaissez donc pas la Stévia ???!!! Cathy, ma petite Cathy, dans sa tendre enfance, je préparais moi-même ses petits plats à Simon. Je peux vous le dire à vous, vous comprendrez, je lui ai même donné au biberon physiologique sans Bisphénol A – j’étais déjà bien renseignée à l’époque – le lait maternel d’une voisine qui avait besoin de sous. Ca commence par là, ma petite Cathy… Une nourriture saine, gageure pour plus tard d’une bonne santé physique et mentale ! ».
La pauvre Cathy n’ayant qu’un CAP, je me rendis vite compte qu’elle n’était pas en mesure de faire la différence entre un biberon de base et un biberon anatomique. Tout juste savait-elle couper le poil de mon Simon avec application sans atteindre la pleine conscience ! Mais elle n’y pouvait rien, la malheureuse. Ses parents, lui maçon, elle caissière, ne lui avaient légué de gêne supérieur, si ce n’est des yeux bleus vitreux à caractère récessif.
Je vous dis ça, sans condescendance aucune. Il n’y a pas de sot métier. D’ailleurs un de mes meilleurs amis est peintre. Artiste peintre.

Une fois sur place, Simon sut tout de suite montrer à ses concurrents qui était le maître.
Il joua mieux que quiconque au piano « La lettre à Elise » de Richard Clayderman et interpréta avec virtuosité en aboyant « L’amour en héritage » de Nana Mouskouri.
Il montra également qu’il savait parler le pékinois, le berger allemand et le terrier écossais sans la moindre pointe d’accent canichois.
Il réussit haut la patte tous les tests.
A ceci près…
Il fut éliminé sur l’épreuve des sauts d’obstacle, ces petits fonctionnaires de l’Institut, ayant estimé – à tort – que l’on peut placer le sport dans une catégorie intellectuelle ! Mens sana in corpore sano, tu parles, un peu désuète la citation !
Fort heureusement, après un coup de canne dans le tibia sonnant creux de l’examinateur principal, Simon remporta la médaille du chien au plus gros QI de France, soit l’équivalent hexagonal du prestigieux International Tootoo Intelligence Quotient.
Je suis sûre que Simon était content ; il dévora avec entrain sa pâté en rentrant.

Une photo de Simon est parue dans la gazette.
Hortense a envoyé un fax contenant une photocopie de l’article à Dédé1938.
J’ai placé la médaille dans un sous-verre qui trône sur le buffet à côté de la photo de mon Félix.
Je me sens fière de tout ce que j’ai fait depuis des années pour Simon.
Comme on remettra en jeu son titre l’année prochaine, on a commencé dès le lendemain les mathématiques. On tient la comptabilité de Cathy pour s’entraîner. En plus, ça l’aide, la pauvre fille.

La famille zèbre

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J’ai la chance d’avoir des petits-enfants pas complètement cons. Philippine, ma préférée, est aussi délicieuse que vive (tout moi au même âge, quoi qu’en pense son père, mon gendre).

Du côté de mon fils, Benjamin, les trois rejetons sont aussi assez facétieux, pas montés à l’envers et complètement lobotomisés par la télévision. A l’école, ça marche plutôt bien aussi – faut bien dire que le niveau général baisse constamment, et que savoir lire en fin de CP relève maintenant pratiquement du miracle vu les méthodes utilisées.

Du coup, ma bru, Nathalie, s’est mise en tête qu’ils étaient sans doute surdoués. Il paraît que pour ne pas les brusquer, ces pauvres chéris, on ne dit plus surdoués mais  enfants précoces ou zèbres. On s’offusque moins quand il s’agit de leur faire passer et repasser des tests de QI (qui ne s’appellent plus comme ça non plus) au lieu de les laisser passer leur mercredi après-midi à construire des cabanes dans mon jardin.

Vous comprenez, me dit Nathalie l’autre jour, le dernier test ne montre rien chez Léo-Paul, mais il était peut-être stressé par son examen de viole de gambe au conservatoire l’après-midi? Il a très bien pu perdre ses moyens devant l’enjeu! Et puis, en se renseignant, Benjamin pense être également un zèbre que vous auriez négligé de déceler. 

La conne. Benjamin n’est ni un zèbre ni un âne, c’est mon fils, très intelligent certes, mais pas assez pour éviter d’épouser cette grue hystérique. Si c’est pas une preuve indéniable.

Bref, voilà Nathalie à la tête d’un élevage de pseudo-zèbres. Elle ne rate jamais une occasion de me rappeler qu’elle a un QI de 154, comme Sharon Stone (mais j’espère qu’elle a plus de culottes), et que les chiens ne faisant pas des chats (il faudra que je vérifie auprès d’Edmée, Simon est tellement formidable qu’il en serait bien capable), il serait normal et non pas exceptionnel que leurs trois enfants tiennent de leur mère et soient donc surdoués.

Bon sang qu’elle est fatigante. Ne peut-on pas laisser ces enfants cinq minutes salir leur marinière Petit-Bateau (l’uniforme du zèbre, forcément) comme tous les enfants sans tenter de leur rentrer tout Wikipédia dans le ciboulot avant leurs dix ans? Mais évidemment, une marinière tachée de mousse au chocolat, c’est moins photogénique sur les réseaux sociaux que des enfants -d’autres zèbres, tous, évidemment – déguisés à longueur de journées en Lord Fauntleroy.